Taye Selasi, l’artiste ghanéenne qui a convaincu le monde

Source: Ecce Africa

Elle se considère également comme photographe et musicienne, mais c’est avec les mots qu’elle écrit que Taye Selasi a été révélée au monde. Son roman « Le ravissement des innocents »(The SexLives Of African Girls en version originale) adoubé et suivi par le prix Nobel de littérature Toni Morrisson, est applaudi par la critique et la fait connaitre en tant que auteur, mais également en tant que femme « Afropolite ».

Taye Selasi est née à Londres, en Angleterre dans une famille composée d’une mère nigériane et d’un père ghanéen. Elle a été élevée aux Etats-Unis à Brooklyn dans le Massachussetts par sa mère qui divorce de son père pendant que Taye Selasi n’est encore qu’un bébé. La culture de l’excellence est génétique dans sa famille. En effet, sa mère Juliette Tuakli, est une éminente pédiatre d’origine nigériane installée au Ghana et engagée dans la défense des droits de l’enfant. Son père, qu’elle rencontre à l’âge de 12 ans est chirurgien en Arabie-Saoudite et est considéré comme l’un des plus importants intellectuels ghanéens. Ambitieuse et désireuse de faire aussi bien que ses géniteurs, Taye Selasi obtient sa Licence de Littérature Américaine dans la prestigieuse université de Yale. Elle y prend goût pour les lettres mais également pour la photographie et la musique. A ce propos, elle a joué du piano et du violoncelle dans l’orchestre de Yale. Plus tard, elle obtient un DEA en relations internationales du Nuffield College, à Oxford. Mais, elle se sent de plus en plus attirée par l’écriture.

L’écriture comme moyen d’expression de son Afropolitanie

Taye Selasi fait officiellement ses premières armes en tant qu’écrivain en 2005 avec « Bye Bye Babar » (ou « qu’est-ce qu’un Afropolite ? »). Cet essai sociologique parle d’une génération d’origine africaine dont les parents ont émigré vers l’occident durant leur plus jeune âge. Ces derniers se retrouvaient donc avec une identité mixée entre valeurs africaines et éducation occidentale. Ce premier essai a une connotation particulière pour l’auteur qui elle-même « Afropolite » se sent autant ghanéenne, que britannique et américaine. Plus tard, Taye Selasi va faire une rencontre déterminante pour le reste de son parcours. Toujours en 2005, elle écrit une pièce de théâtre produite par Avery Willis qui n’est autre que la nièce du Prix Nobel de littérature 1993 : Toni Morrison. Taye Selasi finit par la rencontrer à Oxford. En plein doute, elle lui fait part de ses appréhensions par rapport à son avenir d’auteur. Mais Toni Morrison qui connait le talent de la jeune fille la rassure et lui propose même de relire un de ses manuscrits un an après leur rencontre. Comprenant la chance qu’elle a de bénéficier de l’avis d’une sommité telle que Toni Morrison, Taye Selasi va reprendre confiance en son talent. Elle vendra d’abord en 2010, les 100 premières pages de son livre « Ghana Must Go On » à Penguin Press. L’ouvrage est publié en 2013 et est encensé par la critique. Pourtant, c’est son premier roman écrit en 2011 qui va la faire connaitre aux yeux du monde.

« Le Ravissement des innocents »

Encouragée par la perspective de bénéficier de l’avis d’un Prix Nobel, Taye Selasi va mettre les bouchées doubles pour avoir un manuscrit digne d’être présenté à Toni Morrison. Elle y arrive en puisant dans son identité « Afropolite » pour écrire une nouvelle qui servira de manuscrit pour son roman « Le ravissement des innocents ». Ce livre raconte l’histoire d’une famille disloquée. Kweiku, le père, un chirurgien ghanéen a abandonné Folá sa compagne, et leurs quatre enfants. Nous avons, Olu le fils aîné, les jumeaux : la belle Taiwo et son frère Kehinde l’artiste et Sadie, la petite dernière. Des circonstances macabres réuniront tout ce beau monde, dont la réunion pourrait faire autant de mal que la séparation. Une partie du livre est publié pour la première fois par le magazine littéraire Granta au Royaume-Uni en 2011, avec un succès planétaire. Sa version finale est d’ailleurs choisie pour faire partie des 10 meilleurs livres de 2013 par le Wall Street Journal et The Economist. Mieux, il est recommandé par une Toni Morrison impressionnée et fière. Le livre sera vendu dans plus de 22 pays et traduit en 17 langues et une année plus tard. La prose et le lyrisme des portraits peints par la plume de Taye Selasi sont applaudis unanimement, mais c’est son lien avec ce livre qui interpelle.

Au point où tout le monde se demande à quel point Taye a inspiré Taiwo.

Source: Ecce Africa

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